Une visite de la maison : la galerie et le rez de chaussée
La Maison Cauchie asbl
5 Rue des Francs — 1040 Bruxelles
tél./fax : 32 (0)2 733 86 84
info@cauchie.be
Les filiations

Les compositions de Paul Cauchie sont toujours originales, créées pour un usage unique. Le style relève différentes filiations : d’une part l’école de Glasgow, d’autre part le japonisme.
A travers les thèmes de ses compositions, Paul Cauchie se montre aussi sensible au préraphaélisme et au symbolisme.

L’école de Glasgow

Cauchie est un des seuls architectes-décorateurs a avoir été, en Belgique, influencé par la rigueur de l’école de Glasgow, et par Charles Rennie Mackintosh en particulier. A l’opposé des structures à la mode inspirées du végétal, les bases architectoniques de cette demeure sont géométriques. C’est un hymne à la verticalité, à la ligne droite, à la symétrie où se répètent les formes de base, cercle et carré.

Sur le plan décoratif, la filiation avec les créateurs de l’école de Glasgow est encore manifeste. La présence récurrente du motif de la rose dans leurs productions est un exemple : déclinée sur de multiples supports, tissus, verre, elle symbolise pour l’école de Glasgow la beauté, l’amour, l’art. Elle est omniprésente dans l’œuvre de Paul Cauchie : elle habille la coiffure d’un visage féminin, orne une guirlande, encadre une composition,…

Rose
Motif Rose

Les sgraffites de Paul Cauchie portent rarement sa signature. Toutefois, la rose et d’autres détails relevés systématiquement sur les oeuvres signées et dans la décoration de sa maison ont permis l’attribution de plus de 500 sgraffites répartis sur de nombreuses villes belges.

Le japonisme

La découverte de l’art japonais après l’effondrement du régime isolationniste déclenche un mouvement artistique appelé « japonisme ». C’est à l’exposition internationale de Londres en 1862, puis à celle de Paris en 1867, que le monde occidental découvre les arts graphiques du Japon, la sobriété décorative des objets du quotidien, la simplification des contours des estampes, les compositions asymétriques, l’application des couleurs en aplats cernés de contours. L’art japonais touche de nombreux artistes européens à la recherche de nouvelles voies créatives et conduit Samuel Bing, un des principaux marchands d’art à Paris, à promouvoir le japonisme en France. Bing éditera entre 1888 et 1891, une luxueuse revue intitulée « Le Japon artistique ».

Balcon MA
idéogramme MA
Idéogramme MA,
ici calligraphié par Seisetsu Nakayama

Des signes du japonisme sont visibles dans la Maison Cauchie. L’indice principal se trouve dans les deux lettres, M et A, appliquées sur le balcon de la fenêtre supérieure de la façade. Découpées dans le fer plat et la tôle, ces deux lettres entrecroisées peuvent être lues comme la représentation graphique de l’idéogramme « MA », un concept « espace/temps » typiquement japonais. Le temps ne peut être fixé ni même contrôlé. Il est saisi lorsqu’il y a mouvement dans un espace qui crée un intervalle entre plusieurs objets ou plusieurs actions successives. « MA » se traduit par l’alternance rythmique entre le plein et le vide, par la façon dont les éléments de décors et les meubles sont disposés les uns par rapport aux autres.
Les signes de la culture japonaise sont encore présents sur les sgraffites à l’intérieur : masque de théâtre Nô, Biwa, Kanzashi,…

Le préraphaélisme et le symbolisme

L’Art nouveau réinjecte le féminin et, avec lui, le principe fondamental de la vie !
Sous le « pinceau » de Paul Cauchie, les femmes se font langoureuses, délicates et longilignes, dans la ligne d’un type féminin pâle à la chevelure rousse, le regard vide d’expression que les peintres anglais, adeptes du mouvement préraphaélite, ont créé. Ce mouvement influencé par la peinture d’avant Raphaël et en particulier par Boticelli et la Renaissance florentine, ne veut pas revenir à l’art de la Renaissance mais veut retrouver son caractère de simplicité et d’authenticité. Ce mouvement, court dans la durée, se fond avec le symbolisme et avec l’œuvre de Fernand Khnopff, ami des préraphaélites.